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« Nous donner les moyens de préserver la production »

Les élus ont profité de la présence de la préfète pour l’interpeller sur différentes problématiques : la méthanisation, le mal-être agricole, les dégâts de gibier ou encore les attaques de loup.
Les élus ont profité de la présence de la préfète pour l’interpeller sur différentes problématiques : la méthanisation, le mal-être agricole, les dégâts de gibier ou encore les attaques de loup.

Lors de la session de la Chambre d’agriculture de Haute-Marne le 22 novembre, les membres ont interpellé la préfète sur de nombreux sujets d’actualité.

Dans un premier temps, le président de la Chambre d’agriculture Marc Poulot est revenu sur la dernière campagne. « L’été a été particulièrement traumatisant pour tous, ce qui nous a amenés à solliciter un dossier de reconnaissance de calamité pour notre département ». Il invite les éleveurs à se rapprocher de leur assurance pour évaluer l’intérêt de l’assurance récolte/prairie, le dispositif calamités étant dans sa dernière année.

Pas de production sans eau

Revenant sur les fameuses bassines et les retenues collinaires, le président rappelle qu’« il n’y a pas de production agricole sans eau. Les dernières années ont démontré que même les plantes dites résistantes à la sécheresse ne poussent pas sans eau. Les débats idéologiques sur la soi-disante adaptation du système agricole se heurteront très vite à cette réalité. Comment refuser le droit aux agriculteurs d’irriguer les productions alors même qu’aujourd’hui la question de la souveraineté alimentaire est au coeur des débats ? Il ne s’agit en aucun cas pour la profession agricole de faire obstacle à une gestion équilibrée de l’eau, mais au contraire de construire des partenariats gagnant-gagnant avec l’ensemble des acteurs du territoire ».

Inquiétudes sur la méthanisation

Plusieurs élus de la Chambre d’agriculture ont interpellé la préfète Anne Cornet. Thierry Lahaye a dénoncé certaines pratiques des agents de l’Office français de la biodiversité et souhaite « un état d’esprit pédagogique plutôt que répressif ».

D’autre part, il s’inquiète de l'impact d'éventuelles mesures de délestage pour les méthaniseurs. « Nous avons des producteurs d’électricité que l’on va délester pour diminuer leur production. Avec les 18 méthaniseurs en cogénération, on couvre les besoins de 14 400 foyers en électricité, soit 18 % des foyers haut-marnais. Cela concerne uniquement la consommation électrique, mais la couverture est encore plus grande si on y ajoute la production de gaz des méthaniseurs. Il faut préserver ces productions ».

Mal-être agricole

Bernard Flammarion est revenu sur le comité mal-être mis en place en septembre dernier. « Le mal-être en agriculture représente deux suicides par jour, exploitants ou salariés. Ce comité est pour les deux catégories, mais je regrette qu’il ait été mis en place bien après le comité bien-être animal. On a pensé aux Hommes après les animaux ». En parallèle, la MSA a mis en place la formation sentinelle qui vise à détecter les risques suicidaires. Ces « sentinelles » ont pour mission de repérer les situations de fragilité et de diriger les agriculteurs concernés vers un dispositif d’accompagnement adapté ou en lançant l’alerte auprès du service compétent.