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Soil Capital Carbon, un programme de rémunération carbone

Chuck de Liedekerke, pdg de Soil Capital et Romain Boulet, agronome, ont répondu aux nombreuses questions des agriculteurs sur le stockage carbone, un sujet qui monte en puissance.
Chuck de Liedekerke, pdg de Soil Capital et Romain Boulet, agronome, ont répondu aux nombreuses questions des agriculteurs sur le stockage carbone, un sujet qui monte en puissance.

Le 1er décembre à Signéville l’entreprise de conseil agronomique Soil Capital a présenté son programme de rémunération carbone. Ce dispositif qui s’adresse plutôt aux céréaliers promet un revenu minimal de 27,50 €/t de CO2 stocké ou émis en moins.

Soil Capital est un cabinet belge de conseil agronomique indépendant créé en 2013 par trois professionnels de l’agriculture et de la finance. « Il y a toute une série de raisons agronomiques de désirer la présence de carbone dans son sol. Même sans rémunération carbone, cela vaut la peine de s’y intéresser, car c’est avantageux pour l’économie de la ferme » explique Chuck de Liedekerke, président et co-fondateur de Soil Capital, qui précise que le Grand Est est la région championne de France en matière de stockage carbone. L’entreprise a lancé l’année dernière Soil Capital carbon, son programme de rémunération carbone et peut y faire rentrer 1000 agriculteurs. Actuellement 280 y sont inscrits.

Vendre des certificats

Il y a deux manières de percevoir un revenu carbone : soit en réduisant ses émissions, soit en stockant dans le sol. Pour chaque tonne de carbone évitée ou stockée les exploitants reçoivent des certificats certifiés ISO, un standard international reconnu par le monde agroalimentaire et agro-industriel.

Etablir un diagnostic

Soil Capital réalise un audit annuel de l’exploitant moyennant 980 €. A la suite de ces démarches, d’une durée de trois heures, l’agriculteur a accès à son diagnostic carbone qui définit s’il est stockeur ou émetteur.
« Ce bilan vous propose des leviers pour stocker davantage, mais l’idée est d’optimiser votre impact carbone sans vous tirer une balle dans le pied au niveau économique. Il vous permet de comprendre les implications agronomiques et économiques si vous adoptez de nouvelles pratiques, mais aussi de vous comparer à la moyenne et aux meilleures exploitations de votre secteur » déclare Chuck de Liedekerke.

Rémunération annuelle

Le programme s’adresse d’abord aux céréaliers, les éleveurs peuvent être éligibles, mais à condition que la proportion d’animaux soit faible par rapport à la SAU.

Il est plus facile d’intégrer le programme avec des volailles ou des moutons, mais cela reste très compliqué avec des bovins (pas plus d’1 UGB pour 10 ha de SAU). Chaque agriculteur est libre de quitter le programme quand il le souhaite, sans frais. 20 % des fermes sont contrôlées chaque année.