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L’adaptation de l’agriculture au changement climatique

De g. à d. : Marc Poulot, président de la Chambre d’agriculture, Gaétan Bouchot, céréalier à Châteauvillain, Bernard Flammarion, éleveur à Audeloncourt, et Sébastien Riottot, agriculteur à Latrecey.
De g. à d. : Marc Poulot, président de la Chambre d’agriculture, Gaétan Bouchot, céréalier à Châteauvillain, Bernard Flammarion, éleveur à Audeloncourt, et Sébastien Riottot, agriculteur à Latrecey.

A l’occasion des portes ouvertes de la Maison de l’Agriculture le 20 octobre, une table ronde a eu lieu sur le thème du climat. Quatre agriculteurs ont expliqué les pratiques d’adaptation mises en place sur leur exploitation.

La table ronde a été introduite par Frédéric Berhaut et Rémi Rescoussié, conseillers en productions végétales à la Chambre d’agriculture, en évoquant les conséquences du réchauffement climatique. Les températures sont en hausse, le nombre de jours chauds augmente et sont de plus en plus fréquents au printemps, tandis que la pluviométrie se concentre davantage en hiver et diminue en été. Ce changement climatique impacte lourdement les cultures : pertes de rendements, gel printanier, ravageurs, perte d’éléments fertilisants en hiver, érosion des sols…

Pour Rémi Rescoussié, la réappropriation du sol est fondamentale. « Il faut moins travailler le sol pour qu’il retienne l’eau et davantage travailler avec la matière organique car elle est capable de retenir 6 fois son poids en eau ».

Favoriser l’activité biologique du sol

Gaétan Bouchot, céréalier à Châteauvillain, a constaté que ses sols étaient pauvres en matière organique, entrainant des pertes de rentabilité. « Maintenant, je travaille à 100 % en agriculture de conservation des sols en semis direct sous couverts permanents de légumineuses avec systématiquement des couverts d’intercultures ». Selon lui l’agriculture a un rôle à jouer en faisant évoluer le climat. « La couverture du sol est très importante car elle maintient une température plus fraiche au sol et dans l’air. On a une meilleure vie biologique du sol, une meilleure rétention en eau et une évaporation plus lente du sol ce qui permet de créer des nuages plus bas et de faire revenir la pluie plus rapidement. Tout est lié ». Pour que les agriculteurs adaptent leurs pratiques, ils ont besoin d’un accompagnement financier et de formations. « L’agriculteur doit être rémunéré pour service rendu. C’est le cas pour le carbone, on pourrait l’imaginer sur le climat ».

Autonomie alimentaire

Bernard Flammarion, éleveur laitier à Audeloncourt, a depuis trois ans augmenté sa capacité de stockage d’ensilage afin d’atteindre une réserve suffisante pour faire face aux sécheresses. « On a augmenté notre surface de maïs pour avoir une réserve de 18 mois, construit des silos et aménagé les extérieurs. On a toujours une réserve d’au moins 6 mois car avec les étés secs nos vaches sortent de moins en moins du bâtiment donc il faut leur donner davantage à manger ». L’éleveur a également adapté son bâtiment en installant des brumisateurs et des ventilateurs. « On a aussi pris la décision de ne pas nettoyer nos plaques de toiture translucides car la lumière apporte de la chaleur ».

Etre opportuniste

Sébastien Riottot, agriculteur à Latrecey, s’est diversifié lors de son installation en créant un poulailler. Sensible à la question de l’énergie il s’est doté d’une chaudière à bois pour chauffer son élevage et de panneaux photovoltaïques. « C’était des gros investissements mais il faut penser sur le long terme. Mon objectif est de mixer les productions car c’est compliqué d’être un pur céréalier dans le Barrois. Il ne faut pas avoir peur de changer, mais il faut bien étudier la question ». Pour lui un système n’est pas figé, il faut adapter ses pratiques en fonction des situations et pouvoir être opportuniste.